Bernard Vellutini, secrétaire général de l’Union syndicale des policiers municipaux, s’exprime sur la situation à Grenoble, affirmant que la ville est « à feu et à sang ». Il est légitime de s’interroger : au nom de qui parle-t-il, alors même que son organisation syndicale n’est pas présente dans notre ville ?
Contrairement aux affirmations avancées pour justifier l’armement de la police municipale, Grenoble n’est pas une ville sombrant dans le chaos. Nous subissons en revanche depuis plus de trente ans des politiques répressives inefficaces. Les trafics de drogue pourrissent la vie quotidienne de nombreux quartiers, tandis que les opérations policières ponctuelles et très médiatisées se contentent de déplacer les problèmes sans les résoudre durablement.
Plutôt que d’alimenter une dramatisation caricaturale, le secrétaire général de l’USPPM ferait mieux d’exiger de véritables moyens pour la police judiciaire, affaiblie méthodiquement par les réformes successives du ministère de l’Intérieur. Il devrait également se mobiliser pour des conditions de travail dignes pour les agents de police, contraints d’exercer dans un quart de commissariat délabré, et pour répondre à une situation de détresse alarmante : le taux de suicide dans la police est 2,5 fois supérieur à celui du reste de la population.
Instrumentaliser la situation grenobloise à des fins militantes ne résoudra rien. Il est temps de s’attaquer aux véritables problèmes : s’attaquer à la racine des réseaux de la criminalité organisée, aux trafics d’êtres humains et d’armes, et de donner aux services publics les moyens d’agir efficacement, durablement et humainement.